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Que faire à Bouaké

Bouaké est la deuxième ville la plus peuplée de Côte d’Ivoire. Elle est située à 350 km au nord d’Abidjan et 100 km au nord de Yamoussoukro.

J’ai longtemps attendu pour aller la visiter. Bouaké la sulfureuse, Bouaké la rebelle a une réputation qui la précède. Mais heureusement j’ai fini par prendre la route, avec ma petite tribu pour enfin découvrir la capitale du pays Baoulé. Et je n’ai pas été déçue (vous avez remarqué, je suis rarement déçue par mes escapades …).

Je ne vais pas vous dire que Bouaké est une jolie ville. Non, ce n’est pas vraiment son credo. En revanche, Bouaké regorge de petits trésors plus ou moins cachés. Tout d’abord, en tant que carrefour commercial, elle possède le plus grand marché de Côte d’Ivoire. Elle dispose également d’un patrimoine artisanal hors du commun, dont l’étendard est fièrement porté par les potiers de Tanou-Sakassou et les tisserands de pagnes baoulés.

Bouaké

Vue de Bouaké depuis le toit-terrasse de l’hôtel de l’Art

Enfin si vous prenez le temps de rester quelques jours dans la région, Bouaké vous propose aussi quelques belles escapades hors les murs, du lac de la LoLa aux falaises de Brobo sans oublier l’incontournable réserve nationale N’Zi pour vivre un safari à l’ivoirienne.

 

Alors prêts à découvrir tout ce qu’il y a à faire à Bouaké ?

 

A la découverte du centre ville de Bouaké

Le marché de Bouaké, l’attraction phare

Bouaké est surtout connu pour son marché. Un marché à la fois de détail et de gros qui est le poumon économique de la ville, où se côtoient produits alimentaires, artisanaux (pagnes, poids, sculptures baoulé, poteries, cuir, bois, bronzes, …) et manufacturés. Il témoigne du dynamisme des échanges commerciaux, au sein de la Côte d’ivoire et même de la sous-région, favorisés par sa position centrale, à la croisée de des grands axes routiers et ferroviaires du pays.

Marché Bouaké Marché Bouaké

Historiquement ce marché, le plus grand d’Afrique de l’ouest, était couvert. Mais il a brulé en 1998. Depuis lors, faute d’être reconstruit, il s’est répandu partout le long des ruelles du centre où se concentrent une multitude de petites boutiques.

Les travaux de construction d’un nouveau grand marché ont été lancés en décembre 2019. Ce futur centre commercial couvert s’étendra sur 9 hectares et aura une capacité de 5 000 boutiques. En attendant, le grand marché, qui a une nouvelle fois brûlé début janvier, doit être partiellement reconstruit afin de permettre aux victimes de reprendre leur activité.

 

La tour Télécom

La sentinelle de la ville et son point culminant. Elle fut construite en 1973 par Côte d’Ivoire Télécom. Du haut de son 25e étage, la vue sur Bouaké est, parait-il, sans pareil !

 

La cathédrale Sainte-Thérèse de l’enfant Jésus

La cathédrale est reconnaissable à sa grande tour. Elle fait face au stade de foot municipal. Elle possède de jolis vitraux.

Cathédrale Bouaké

La grande mosquée de Bouaké

Érigée en 1881, elle est la plus ancienne mosquée la ville. Son architecture est remarquable.

 

Au pays de l’artisanat Baoulé

Je l’écris et le ré-écris souvent sur ce blog. L’artisanat ivoirien est pour moi une des plus belles richesses de Côte d’Ivoire. Je ne me lasse pas d’aller rencontrer tous ces artisans aux doigts de fée qui fabriquent des produits somptueux et de qualité. Sans doute parce qu’étant originaire de France, j’ai plus souvent consommé des produits industriels et standardisés – made in China – alors qu’aujourd’hui, comme beaucoup de citoyens du monde, j’aspire plutôt à dénicher des produits uniques, qui ont une histoire et qui permettent de faire vivre dignement des petits producteurs (le mot « petit » n’étant ici aucunement péjoratif mais faisant juste référence au volume de leur production vs celles des industriels).

Bouaké n’échappe pas à la règle.

Les potiers de Tanou Sakassou

Pour moi, les stars du pays Baoulé sont définitivement les potiers du petit village de Tanou Sakassou. Leur renommée n’est plus à faire. Ils reçoivent des commandes de toute la Côte d’Ivoire et même au-delà. Et c’est la raison principale pour laquelle les touristes vont à Bouaké.

Leur rendre visite in situ permet non seulement de découvrir leur atelier, leur savoir-faire et leurs produits mais aussi d’être initié à leur technique de poterie. Si vous avez des enfants, Edwige ou l’un de ses collègues se fera une joie de leur apprendre à travailler la terre. Je vous raconte tout dans cet article dédié aux talentueux potiers de Tanou Sakassou.

Tanou Sakassou Bouaké

Oui-Oui, le maroquinier du marché de Bouaké

M. Oui Oui , dont j’ai oublié le vrai prénom, est un commerçant du grand marché de Bouaké. Il est maroquinier. Il travaille, avec son fils, la peau de mouton, de serpent ou encore de crocodile (je ne suis pas sûre que son activité soit totalement licite …). Il fabrique des ceintures, des portefeuilles, des sacs, des cartables … Si vous lui rendez visite, il vous explique même vaguement comment il fait. En tout cas, il est très sympathique et très accueillant, d’où son surnom. Si vous lui achetez un petit souvenir, c’est encore mieux !

M. Oui Oui marché Bouaké M. Oui Oui marché Bouaké

Les teinturières de Dar es Salam

Bouaké est un centre textile important où l’on trouve notamment des pagnes indigo. Cette couleur bleu intense est obtenu à partir d’une technique artisanale importée du Mali. Ce sont donc des femmes Malinkés, installées dans le quartier de Dar es Salam, qui maîtrisent cet art de la teinture végétale extraite des feuilles de l’indigotier. Je ne peux vous décrire, dans le détail, les différentes étapes du procédé car je n’ai pas assisté à ce spectacle. Toutefois, lors de mon prochain séjour à Bouaké, je compte bien aller rendre visite à ces teinturières.

Le quartier de Dar es Salam se trouve après le quartier Belleville, sur la route du N’Zi river lodge.

Teinturières Bouaké

Crédit photo : @sublimecotedivoire (compte Instagram)

 

Les sculpteurs sur bois de Ngattakro, les forgerons de Djambrou et les fabricants de Batik

Trois autres communautés d’artisans à découvrir et à admirer dans le centre de Bouaké.

 

Les potières de Katiola au nord de Bouaké

La ville de Katiola, située à 50 km au nord de Bouaké, est également réputée pour ses poteries, plus particulièrement ses canaris (contenants en terre utilisé pour faire la cuisine en Afrique de l’ouest).

A Katiola, contrairement à Tanou Sakassou, seules les femmes travaillent l’argile récolté une fois par an à la saison sèche dans les carrières alentours. Les voir façonner ces pots est aussi un spectacle fascinant (bien que moins interactif qu’à Tanou Sakassou).

Katiola Canaris Bouaké

Les tisserands de pagnes Baoulés au sud de Bouaké

Les tisserands sont installés de part et d’autre de la route qui mène à Yamoussoukro, à environ 70km de Bouaké. Bomizambo est la cité du pagne Baoulé (sur la droite en venant du nord). C’est à cet endroit précis que se trouve la principale coopérative de pagnes. Mais les villages qui suivent ont aussi leur communauté de tisserands (uniquement des hommes) qui, du matin au soir, s’activent sur leur métier à tisser en bois pour fabriquer les plus beaux des tissus africains.

Plus d’informations sur ces artistes dans mon article consacré à Bomizambo, cité du pagne Baoulé.

Bomizambo tisserands Bouaké Bomizambo tisserands Bouaké

Bouaké, capitale de l’anacarde en Côte d’Ivoire

La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial d’anacardes (ou noix de cajou) devant l’Inde, depuis 2016. Et Bouaké en est la capitale ! Beaucoup d’industries s’y installent. 

C’est en effet à Bouaké que le groupe Singapourien Olam a installé la première usine de transformation de noix de cajou en Afrique francophone et dans le monde en 2012. Elle se situe sur la route qui mène à Brobo, avant le village de Tanou Sakassou. Elle est parfois au grand public. Je n’ai pas eu l’occasion de la visiter car l’usine était fermée quand j’y suis passée mais je pense que la visite vaut le coup. De même qu’une visite d’une coopérative plus traditionnelle. Renseignez-vous sur place ou auprès de l’hôtel Mon Afrik pour trouver des contacts.

 

La nature aux alentours de Bouaké

La réserve N’Zi : safari au cœur de la Côte d’Ivoire

La N’Zi est une aire naturelle protégée située à 1 heure de route de Bouaké par la piste. Cette réserve privée est un des rares endroits en Côte d’Ivoire où il est encore possible de faire un safari et de voir de gros mammifères : buffles, antilopes, singes et le dernier rhinocéros d’Afrique de l’ouest.

Je vous raconte tout sur mon expérience à la N’Zi river lodge.

 

Le lac de la Loka

Ce lac artificiel, formé par la construction d’un barrage, se situe à une vingtaine de kilomètres de Bouaké. Il fournit 70 % de l’eau de la ville.

Malheureusement en saison sèche, ce lac se vide. En cause : sa surexploitation, pour alimenter les carrières de sable des alentours, et la baisse de la pluviométrie. Aussi, lors de la dernière saison sèche en 2019, Bouaké a-t-elle connu une grave pénurie d’eau pendant plusieurs semaines.

Mais ce lieu est aussi propice à la détente. Les berges en granit qui entourent le lac invitent à une balade ou à une pause pique-nique. De là, vous pouvez à loisir observer quelques scènes de la vie quotidienne, des hommes qui pêchent, de jeunes qui viennent laver leur linge, des femmes avec leurs enfants qui ramassent du bois …

Pour s’y rendre, il faut prendre la direction de Béoumi. Suivre la route sur une vingtaine de kilomètres puis une piste à droite au niveau de l’usine SODECI.

Lac Boka Bouaké Lac Boka Bouaké

Les falaises de Brobo

Brobo se trouve également à une vingtaine de kilomètres de Bouaké. Apparemment, ses falaises se trouvent au détour de la piste qui mène à la N’Zi river lodge. Soudain, elles se dressent sur 20 mètres de haut en surplomb d’une rivière. Un paysage atypique en Côte d’Ivoire que j’irai voir lors de mon prochain passage à Bouaké !

Falaises Brobo Bouaké

Crédit photo : @keniwa.com

INFORMATIONS PRATIQUES

Pour y aller

En voiture, 5h00 de route depuis Abidjan via l’autoroute du nord. Des bus se rendent aussi quotidiennement dans la capitale du pays Baoulé.

Où dormir

Si Bouaké pouvait s’enorgueillir d’être une véritable destination touristique dans les années 1960 à 1990, les choses ont bien changé. Les 2 palaces qui faisaient la fierté de la ville, l’Harmattan et le Ranhôtel, n’existent plus. Mais Bouaké entend bien attirer de nouveaux les visiteurs et de nouveaux réceptifs font peu à peu leur apparition.

Le principal hôtel de Bouaké s’appelle Mon Afrik. Il est dirigé Mme Delon, résidant en pays Baoulé depuis 1973. Elle possède également une librairie située non loin de l’hôtel dans le quartier Kennedy

Cet hôtel est vraiment un des plus charmants que j’ai pu tester en Côte d’Ivoire. Seuls des points positifs me viennent à l’esprit pour le décrire !!

Fort de l’adage « pour vivre bien, vivons caché », Mon Afrik est niché au bout d’une large avenue en périphérie du centre, dans un vaste parc arboré clos. Dès que l’on rentre en son sein, le charme opère. Une chaude couleur rouge brique, sur les murs de l’entrée, vous accueille d’un « Akwaba Mon Afrik ». Des statues africaines parent les murs et les portes. D’autres sont disséminées un peu partout sur le site. Des poteries de Bouaké complètent le décor et vous surprennent dans chaque recoin de l’hôtel.   Mon Afrik Bouaké

Pour le plus grand bonheur des enfants, quelques animaux vivent en liberté dans le parc : une grosse tortue terrestre, qui arpente le jardin à son rythme tout en essayant d’échapper à la « sauvagerie » des petits visiteurs, ainsi que deux belles biches qui bondissent dès que vous les approchez d’un peu trop près. Il y a aussi une grande piscine au milieu du jardin.

Les chambres sont climatisées, propres, spacieuses (pour le modèle familiale côté bungalows blancs). Quant à la cuisine du restaurant « Le trou gascon », tout est dit. Il propose une savoureuse gastronomie d’inspiration française et des plats kids-friendly.

Mon Afrik Bouaké

A la réception, le personnel dispose d’une liste des sites à visiter et peut vous aider à réserver si besoin.

Un hôtel qui porte définitivement bien son nom Une adresse incontournable à Bouaké !!

 

Où manger

L’hôtel de l’Art est un deuxième réceptif qui a ouvert récemment à Bouaké. A défaut d’être aussi confortable et agréable que Mon Afrik, il a développé un univers arty hyper original qui mérite vraiment le détour. Ce lieu insolite a été créé par un résident français vivant à Bouaké depuis le début des années 1980. Celui-ci a progressivement transformé sa résidence familiale en un hôtel aux allures de galeries d’art. Le visiter revient à visiter un musée.

Hôtel Art Bouaké

Dans le restaurant, la collection de 33 tours est impressionnante. J’ai apprécié cet endroit pour son style : une maison coloniale, des fauteuils en velours bleu, un billard… une ambiance très Hemingway-énne !!! J’ai un peu moins aimé la carte et surtout le service très lent. Néanmoins je recommande quand même un stop à l’hôtel de l’Art.

Hôtel Art Bouaké Hôtel Art Bouaké

 

 

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Bouaké Pinterest

Bouaké Pinterest

 

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