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A la rencontre des chimpanzés de Côte d’Ivoire avec Akatia

Akatia a pour mission d’appuyer le gouvernement de Côte d’Ivoire dans la conservation des chimpanzés et plus généralement de lutter contre le trafic des espèces menacées. Cette organisation non gouvernementale a été cofondée en 2017 par Sarah Crawford et Estelle Raballand.

Ayant très à cœur de faire connaître davantage et soutenir l’association, j’ai pris contact avec Sarah qui m’a gentiment reçue dans ses locaux. J’ai pu en savoir plus sur ses projets et faire connaissance avec quelques petits singes qu’elle a recueillis.

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Mais avant cela, je vais vous parler des chimpanzés et de leur situation en Côte d’Ivoire.

Nos cousins les chimpanzés

Nous partageons 98% de notre patrimoine génétique avec les chimpanzés. Mais nous risquons bientôt de perdre ces proches cousins.

Les chimpanzés d’Afrique de l’ouest sont parmi les plus menacés des grands singes. Depuis 2016, ils sont classés en danger critique d’extinction par la CITES (Convention Internationale sur le Commerce des Espèces Sauvages en voie d’extinction) 

La plus importante population de la sous-région vit en Guinée. En Côte d’Ivoire :

« La population de chimpanzés a chuté de plus de 90% en moins 20 ans, en raison de l’importante réduction du couvert forestier due à l’urbanisation et la culture du cacao. La WCF, une organisation créée en 2000 pour protéger les dernières populations de primates vivant dans la forêt tropicale, a recensé moins de 2.000 chimpanzés actuellement en Côte d’Ivoire, contre 12.000 en 2002. Ces chimpanzés sont également victimes de braconnage. En 2016, les Ivoiriens ont consommé 120.000 tonnes de viandes de brousses. »

Source : article de VOA Afrique « Un congrès pour sauver les derniers chimpanzés de Côte d’Ivoire ».

Le commerce illégal de chimpanzés

Autre menace croissante qui pèse sur les chimpanzés : le trafic d’animaux sauvages.

Des bébés chimpanzés sont capturés pour répondre à une demande croissante en « singe domestique ». Ils sont vendus à plus de 12 000 dollars notamment à des clients du Golfe Persique.

« Or pour un bébé chimpanzé capturé, au moins 10 chimpanzés seniors sont abattus puisqu’ils vivent en groupe tout en protégeant leurs bébés. »

Source : « Côte d’Ivoire : Le commerce illégal de chimpanzés gagne du terrain au pays » sur le site d’informations Koaci.

La Côte d’Ivoire est la plaque tournante de ce trafic en Afrique de l’ouest. L’UCT (Unité de lutte contre la Criminalité Transnationale) est l’organisme qui lutte activement contre ce fléau depuis 2014 et participe à l’arrestation de vastes réseaux de trafiquants.

Lorsque des chimpanzés sont saisis chez des particuliers ou chez des trafiquants, ils sont confiés à Akatia qui essaye de les sauver.

Que dit la loi ivoirienne ?

En Côte d’Ivoire, c’est la loi N°65-255 du 4 août 1965 relative à la protection de la faune et à l’exercice de la chasse qui s’applique.

Le chimpanzé est inscrit sur la liste des « animaux sauvages intégralement protégés dont la capture et la chasse (y compris celles de leurs jeunes ou de leurs œufs) sont interdits sauf aux porteurs de permis scientifiques dans les limites et avec les moyens inscrits au permis ».

A ce titre, la détention, le commerce et l’exportation des animaux intégralement protégés sont strictement interdits sauf par les titulaires de permis scientifiques ou de capture qui en auront reçu l’autorisation.

Autrement, dit, si ce n’est toujours pas clair, il est INTERDIT de détenir un chimpanzé chez soi. Et il est fortement déconseillé de posséder un petit singe. Ces animaux requièrent beaucoup de soins, nécessitant de lourds investissements. Les particuliers qui adoptent un singe déchantent rapidement et finissent, la plupart du temps, par vouloir s’en débarrasser. Akatia fait son possible pour les repérer, les récupérer et les soigner. Mais c’est parfois trop tard. Les singes sont faits pour vivre en liberté ! Ce ne sont pas des animaux de compagnie. Si vous en trouvez un, confiez-le immédiatement à des personnes compétentes pour bien s’en occuper. Bref à l’équipe d’Akatia.

Quelles sont les missions d’Akatia ?

Sa co-fondatrice et directrice, Sarah Crawford, a commencé à « sauver » des singes en 2014 en pleine crise d’Ebola alors que ces animaux, soupçonnés d’être vecteur de la maladie, étaient de plus en plus massacrés. Elle n’était pas forcément destinée à devenir la « Jane Goodall de Côte d’Ivoire » mais son amour des animaux et son sens de la justice ont fait le reste !

Sarah et Akouba chimpanzés Akatia
Sarah Crawford et Akouba.

C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée avec des singes chez elle et qu’elle a commencé à se former auprès d’experts.

En 2016, elle rencontre Nemley, un bébé confisqué à des trafiquants suite à une longue investigation menée par des journalistes de la BBC. Le récit de cette enquête à lire ici.

Sa famille avait été assassinée devant ses yeux. Il était en route pour être vendu hors de la Côte d’Ivoire lorsqu’il fut sauvé. A cette époque encore, la Côte d’Ivoire était le seul pays d’Afrique de l’ouest à posséder une population de chimpanzés mais à ne pas avoir de sanctuaire. Nemley a donc mal été pris en charge. Il est mort 6 mois après son sauvetage, en juin 2017. Désormais emblème d’Akatia, son histoire tragique a beaucoup inspiré Sarah et son équipe.

La création de sanctuaires pour chimpanzés et petits singes

Aujourd’hui, Akatia est toujours la seule et unique association de Côte d’Ivoire qui recueille les espèces menacées, et principalement les primates.

D’où proviennent ces animaux ?

  • des structures autorisées (ou pas d’ailleurs) à détenir ces animaux mais qui ne savent pas s’en occuper convenablement et finissent pas les confier à l’association ;
  • de particuliers irresponsables qui ont eu l’idée saugrenue, un jour, de prendre un singe comme animal de compagnie et se sont finalement rendus compte que c’était trop difficile et coûteux à gérer
  • de confiscations lorsque des trafiquants sont arrêtés.

Voici Djojo et Akouba, 2 bébés chimpanzés qui ont été recueillis par Akatia en décembre dernier :

Akatia travaille étroitement avec le Ministère des Eaux et Forêts en vue de créer deux sanctuaires : l’un pour les chimpanzés orphelins qui devrait ouvrir fin février 2021. Il sera situé à environ 70 km au nord d’Abidjan. Un autres sanctuaire doit aussi ouvrir pour les petits singes plus tard dans l’année.

Les sanctuaires doivent permettre d’accueillir, dans les meilleures conditions de vie, des singes orphelins, abandonnés, maltraités. Plus d’informations sur ces projets ici.

Certains bébés, pris en charge par Akatia, soignés, bien nourris, entourés d’amour, pourront retrouver leur liberté. Des patas vont être ainsi relâchés dans la réserve N’Zi près de Bouaké.

Rencontre avec les petits singes

Lors de ma visite chez Akatia, j’ai eu le plaisir d’observer 3 de ces patas et un petite Mone très sympathique et affectueuse du nom de Kady qui m’a littéralement cherché des poux dans les cheveux.

Singes Patas Akatia
Singe Kady Akatia


Merci à Sarah de m’avoir permis de vivre ce moment !

Où voir des chimpanzés en Côte d’Ivoire ?

La principale population de chimpanzés vit au parc national du Tai, à l’ouest du pays en bordure frontalière du Liberia. Il y résiderait environ 600 individus, désormais protégés. Pour aller les observer, c’est toute une aventure que je n’ai malheureusement pas encore expérimentée. Pour un séjour dans ce parc, rendez-vous sur le site de l’écotourisme du Tai. Le parc est toutefois actuellement fermé à cause du COVID.

@ecotourismetai

Dans le parc national de la Comoé, tout au nord du pays, vivent plusieurs familles de chimpanzés, étudiés par des scientifiques depuis de nombreuses années. Les voici filmés par les caméras infrarouge installées par le biologiste espagnol Juan Lapuente.

NDLR : cette zone est formellement déconseillée aux ressortissants français par le Ministère des Affaires Étrangères français.

Une famille de ces grands singes s’est installée dans le parc national du Banco, à Abidjan . Je ne l’ai jamais croisée, je crois qu’il faut être très matinal et/ou très chanceux pour l’apercevoir ! Et bien sûr, il y Ponso le solitaire à Grand-Lahou. Je vous en parle en détails dans mon article : « Ponso, dernier survivant de l’île aux chimpanzés« . Il pourrait rejoindre le sanctuaire d’Akatia mais étant très âgé, il n’est pas certain que ce « transfert » soit opportun pour lui …

J’espère que cet article vous a intéressé et vous a donné envie de soutenir Akatia ! Pour le faire en tout cas, rien de plus simple, faites un don en ligne (paiement en CB ou PayPal) en cliquant ICI.

Vous trouverez également la liste des besoins en nature ainsi que les différents programmes de sponsoring de l’association sur la page Akatia de la plateforme Mamafrica.


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